Christine Barsi

Auteure de romans fantastiques et de science-fiction

Étiquette : Essai

Article de l'auteure Christine Barsi sur le Vampirisme

Le vampirisme

Le vampirisme

Le vampirisme fait couler beaucoup d’encre, depuis des décennies. Pour quelle raison, et qu’entend-on par ce concept galvaudé sur la toile de nos rêves et de nos aspirations ?

Portée par ce thème captivant, j’ai écrit ma première trilogie Déviance en essayant de montrer par le biais d’une romance entre une auteure de livres fantastiques et un vieux vampire, la relation particulière qui s’instaure dans ce cadre.

Vampire, Pixabay, pour illustrer un article sur le vampilrismeCe fut mon approche initiale avec l’univers de la publication. Ce qui m’a plongée dans l’expérience fut ma toute première rencontre avec cet univers, par le biais d’un vieux livre poussiéreux abandonné parmi un tas d’autres vieux livres. Le « Dracula » de Bram Stoker. Mon père me disait souvent que je ne devais pas me passionner pour des écrits dont je ne pouvais pas appréhender toutes les implications. Et je le comprends, car alors, je devais avoir dans les onze ans. Il me disait que mon esprit n’était pas préparé, pas suffisamment aguerri à concevoir un sujet de cet ordre de manière appropriée. Mais je ne l’ai pas écouté ; rien n’aurait pu me faire abandonner cette lecture qui m’ouvrait des univers encore ignorés.

Article de l'auteure Christine Barsi sur le VampirismeL’on trouve dans le milieu de la culture, de nombreux livres et de films traitant de ce sujet, mais la plupart du temps, il ne s’agit que de brosser l’histoire d’une romance ou de conflits qui ne mettent en œuvre que la relation superficielle entre les personnages, entre le vampire et son ou ses sujets. Mais ce que je voulais approfondir en écrivant « Déviance », c’est ce que s’avère le vampirisme dans son essence, son dessein, ses conséquences au-delà de l’apathie de la victime et de sa mort et/ou de sa transformation à venir. Qu’est-ce qui incite le vampire à frapper et la victime à s’offrir à sa vindicte.

Les pulsions de l’un et l’autre sont beaucoup plus riches, que ce que l’on peut escompter au premier abord. La relation qui se noue est beaucoup plus profonde, plus métaphysique, et engendre des cognitions inattendues chez le vampire et sa proie. Des aptitudes dont on n’aurait pas soupçonné la présence sous-jacente avant que cette relation occulte ne s’instaure. Le plaisir et le désir ou la vindicte agressive ne sont que des facettes de cette dynamique portant un être à se nourrir d’un autre aussi bien par le sang que par l’énergie psychique de sa proie ou de tout autre principe. Des liens d’empathie, de télépathie et d’offrande mutuelle peuvent être à l’origine d’une réalisation inédite de l’existence.

Le vampire et sa proie - article sur le vampirismeSi le vampire s’avère un archétype implanté dans nos croyances profondes, qu’en est-il de la victime qui s’offre d’une certaine manière à sa passion ? Un sacrifice, le cheminement occulte vers un dépassement de soi quelles qu’en soient les conséquences ou le spectre d’une fusion des êtres en dépit des enchaînements de cause à effet.

En abordant ce thème, ce que j’aspire à montrer, c’est l’étroite relation et les effets miroirs qui fondent le socle d’une aventure hors des sentiers battus, hors des contingences que peu de personnes auraient le courage de pénétrer. Ce que j’essaie d’introduire, c’est cette notion d’ancrage d’une entité sur un autre esprit, des mécanismes complexes de domination et d’asservissement et de l’inconscience suscitée de ce fait. De cette influence insidieuse qui amène une individualité, à se coucher sous le prisme déviant d’un être assoiffé.

Des extraits de mon roman de vampire Déviance :

« Le vertige des sens est parfois trop prégnant pour parvenir à y résister. Ainsi en va le charisme des puissants sur la détermination des plus faibles. Mais qui sont les puissants ? »

Roman de vampire Déviance, par l'auteure Christine Barsi

Roman de vampire Déviance, par l’auteure Christine Barsi

« Mon manuscrit me hante. Comment pourrais-je poursuivre sans lui ? Mais aussi comment faire pour rejeter son emprise qui s’imprime sur mon être et le détourne de moi ? »

« Quand on vit avec un monstre, il faut s’attendre à des déviances du cours de votre existence. Le démon me pousse à écrire. Mais je ne veux plus écrire ! Et l’illusion est si forte qu’elle se met à vouloir lire mes lignes et devient exigeante. »

« Je le vois dorénavant partout, jusque dans l’aube qui cristallise le peu de réalité qui me reste. Il me hante et je le hante. »

« Cette nuit, le diable s’est fait homme, pour moi, uniquement pour moi. Il a rompu les amarres pour retrouver son port d’attache. Moi. Protège-moi, démon. Protège-moi de tous ceux qui me veulent du mal. Dresse entre moi et les autres, cette force que tu as. »

« Quand le doute occulte mes pensées au point de m’aveugler, je n’ai pas d’autre choix que d’en suivre la trame puis de fuir et fuir encore. Jusqu’à mon retour. »

« Le courroux d’un vampire tout autant que sa passion sont source d’affliction en même temps que de félicité. L’exaltation qu’il amène me bouleverse et m’électrise, chaque fois. Mais quand ses crocs et sa bouche se mêlent en moi, je ne suis plus que lui. A-t-il été trop loin ? »

« Mes rêves sont comme mes écrits, ils vivent au gré de ma volonté. Le démon revenait, et avec lui son univers. Ses coups de boutoir achevaient de me déstabiliser. Il errait seul, perdu, égaré, à l’instar d’un enfant me donnant l’envie de cohabiter. »

« Quels sont ces mots que j’entends, cette confusion qui me prend ? Je ne suis plus moi-même et je crie depuis l’intérieur de mon être. Que m’a fait le démon dont je me suis entichée. Pourtant, je l’aime et lui ne peut m’extraire de sa propre chair. Captifs l’un de l’autre, avec cette soif en nous qui ne se tarit pas… »


Cet essai n’est qu’une introduction à ce sujet passionnant pour certains. J’espère qu’il permettra de concevoir d’autres schémas, d’autres scénarios afin d’élargir notre vision et de l’étendre bien au-delà de nos limites cognitives.

Votre auteure, Christine  Barsi

https://christinebarsi.com

https://christine-barsi.blogspot.com

Ecrire un roman de science-fiction du point de vue d’une romancière

Ecrire un roman de science-fiction du point de vue d’une romancière

Il existe tant de manières d’appréhender l’écriture d’un roman de science-fiction. Je dirais presque qu’il y en a autant que d’écrivains.
Mais amorcer un manuscrit de ce type nécessite, cependant, certaines bases que je vais tenter de vous exposer ici, pour quelques-unes d’entre elles.

Comment écrire un roman de SF du point de vue d'une romancièreOutre une persévérance à toute épreuve et l’aspiration à faire naître ses personnages et leur histoire, l’auteur(e) d’un tel projet doit avoir la conscience diablement ouverte sur le futur, et l’attention qui se porte loin au-delà de la réalité immuable qui enferme chacun d’entre nous dans la trame du quotidien.

L’artiste doit se relier aux sphères supérieures lui révélant ce qui, jusque-là, s’avère dissimulé au commun des mortels, et accepter ce qui existe derrière le voile des apparences, l’accepter pleinement. Sinon comment aborder un tel sujet ?

Comment écrire un roman, du point de vue d’une artiste

Ensuite, survient l’étape des notes manuscrites ou tapuscrites. Certains d’entre nous s’évertueront d’établir un plan préalable, moi je m’astreins à écrire ce qui émerge à mon esprit avant tout. Il me suffit de poser les mains sur le clavier ou le stylo sur le papier pour que les idées coulent. Je m’efforce de les laisser couler en faisant fi du vocabulaire et des effets de style ; j’écris sans frein, sans me restreindre. Parfois, les idées courent plus vite que je ne peux les coucher sur le support. Je fais au mieux et j’écoute les messages subliminaux, visualisent les images qui émanent des hautes instances dimensionnelles.

Il y aura forcément des chapitres vides, mais ceux-là se rempliront en leur temps ; rien n’oblige l’artiste à écrire de manière linéaire. Des sauts, des béances s’enrichiront au fur et à mesure dans un va-et-vient incessant.

À un moment donné, je formalise un plan plus ou moins précis avec ce que j’ai engrangé comme informations sur le manuscrit au niveau de l’ébauche. Une éventuelle fin se dessine, mais celle-ci sera amenée très certainement à diverger de mon idée première, au moins quelque peu.

Maur Evans, dans L'éveil du Dieu Serpent

Maur Evans, dans L’éveil du Dieu Serpent, par l’auteure Christine Barsi

Et de nouveau je me laisse embarquer par les personnages dont je découvre l’histoire, en même temps que je l’expose. Ceux-là se révèlent progressivement sous mon attention vigilante, surprise de bien des manières.

Lorsque la trame est amorcée, une pause s’avère nécessaire afin d’enregistrer les détails qui se rattachent aux personnages, leur physique, leur tempérament, leurs qualités et défauts que l’auteur(e) enrichira au fur et à mesure de la construction de l’univers. Il s’agit également de renseigner les rubriques relatives à la géographie, à la faune et la flore, aux races présentes, à la technologie en cours dans son histoire, à la culture et aux notions religieuses s’il en existe, toutes ces sortes d’informations qu’il faudra assimiler et inventorier.

Carte de Xaltaïr - La Passion de l'Arachnee - Roman de SF

Carte de Xaltaïr, dans La Passion de l’Arachnee

Un roman de SF nécessite généralement la conception d’une carte ; tout au moins, des schémas qui seront intégrés ou pas, mais qui serviront leur créateur(trice).
Ainsi dans mon épopée du Cycle des Trois Marches, mes deux tomes Teralhen et Mutagenèse comportent des croquis, des diagrammes qui répertorient les races et leurs caractéristiques, les planètes et leurs lunes ou satellites, tandis que pour SolAs qui retrace l’existence d’astrophysiciens et astrophysiciennes ainsi que de techniciens et techniciennes œuvrant sur un géocroiseur, j’ai esquissé les procédés innovants que je mettais en place dans cet univers et j’ai dû approfondir certains sujets tels l’extraction de minerais sur un astéroïde ou encore la technique des courants porteurs en apesanteur que j’ai imaginée, mais qui s’appuie sur des bases en astrophysique :

« Il avait l’impression de véritablement shunter le vide, et planer hors du complexe au-dessus des creux et des bosses martelant le sol torturé de l’astéroïde. Ses esquives pondérées anticipaient les courbes de la bande-champ avec une certaine dextérité, au contraire de certains voltigeurs aux gestes maladroits et brutaux ; des néophytes, à tous les coups. »

Comment écrire un roman de SF du point de vue d'une auteureNe pas hésiter à concevoir des légendes se rapportant aux origines du monde, quelque jeu qui animerait une soirée ou un évènement. Pour ma part, dans SolAs, le Mèche-dé est l’un des jeux favoris auxquels s’adonnent les familiers des tavernes se multipliant près des astroports :

« Un jeu mélangeant les genres : dés, cartes et objets de toutes sortes. Le type d’objets, communs à toutes les cités des environs : les vieux rafiots, en figurines, dont un modèle subsistait quelque part, aussi mal en point que son propriétaire. Celui qui gagnait la mise, gagnait le rafiot et le droit de le rafistoler. »

L'éveil du Dieu Serpent - par l'auteure Christine Barsi

Cela crée de la substance et rend plus réel pour l’artiste le monde qu’il conçoit et pour le lecteur, l’univers qu’il perçoit. Il est essentiel, avant de s’échapper allègrement des règles et des normes, d’avoir effectué de nombreuses recherches afin d’acquérir la connaissance des techniques actuelles dans le domaine technologique traité dans le roman pour coller à une certaine matérialité qui fera que le lecteur ou la lectrice sera aspiré(e) par la logique et porté(e) tout au long de l’intrigue en croyant à l’existence du macrocosme de l’artiste.

Mais l’ingénierie mise en place dans le cadre du récit ne devra pas remplacer ou compenser l’éventuel manque de consistance des personnages et ou de cohérence dans leur comportement.

Pour moi, la clef de voûte d’une belle histoire !

Maylis Lhan dans le roman SF SolAs

Maylis Lhan dans le roman SF SolAs

De ce fait, et ceci est primordial en ce qui me concerne, l’artiste doit habiter ses personnages de sentiments forts et suggérer des liens riches. Même les créatures de moindre envergure doivent avoir leur passé qui les a menées au stade où elles se situent dans mon scénario. Les émotions, qu’elles soient d’affinité, d’amour ou de haine devront s’intriquer, s’enchevêtrer tout au long des chapitres et se déployer jusqu’à un paroxysme qui s’apaisera en dernier lieu. À mon œil d’artiste, les rapports entre les personnages devront s’imprégner de vérité et de sincérité dans les sentiments exprimés, nourrir les sens autant que les passions afin que les lecteurs s’en nourrissent à leur tour et ne rêvent plus que de connaître dans leur propre vie de telles expériences dont ils conserveront le souvenir bien après qu’ils en aient refermé les pages du livre.

Sans cela, je ne vois pas l’intérêt de coucher tous ces mots et ces lignes, toutes ces pages à propos d’une histoire qui ne déroulerait qu’une trame dénuée de son humanité. C’est ce qui fait la richesse d’un roman de SF : l’Humain qui se confronte à la technologie d’une sorte ou d’une autre ; sans l’Humain ou sans l’Alien ou l’Humanoïde, aucune portée.

Il y aurait une multitude de choses à dire, mais je m’arrêterais là pour cette fois.

À bientôt, l’ami(e),

https://christinebarsi.com
https://christine-barsi.blogspot.com
https://www.maur-evans.com

Mon film sur La Passion de l’Arachnee : https://youtu.be/1nbTNDCDxzY

Les Cycles du Temps

Les Cycles du Temps

L'onde porteuse

Les ondes porteuses

L’on parle couramment du Temps avec un grand T. Mais qu’est-ce donc que cette dimension dans le jargon humain, en dehors de critères propres aux formules complexes des scientifiques ?

Que pense un philosophe de cet élément essentiel de notre matérialité ? Élève-t-il son concept pour l’intégrer dans la sphère humaine de l’abstraction ou de l’idéologie ? Et nos hommes d’église, de quelque religion qu’ils soient, limitent-ils ce dernier à un élément de spiritualité ou élargissent-ils encore le sens de celui-ci à quelques autres dimensions ?

Et l’artiste ? Quelle est sa perception toute personnelle de ce concept omniprésent ?

 

Moi, je crois que l’artiste ne se cantonne pas aux limites imposées par les BienPensants d’une communauté ou d’une autre.  Je crois que l’artiste ne s’engage dans aucune restriction qui étriquerait son monde en gestation, qu’il ne s’empêtrerait pas de notions limitatives. Le temps ; le Temps n’est qu’une dimension incluse dans un univers d’une sorte ou d’une autre. Et fonction de cet univers, les paramètres de temps se mettent à jour, exécutent un reboot des systèmes à l’œuvre pour coller aux nouveaux préceptes.

L’artiste est tel un magicien ou tel un thaumaturge qui se joue des obstacles et des fatalités, des chausse-trappes mis sur sa route afin de lui voler son art. Quelle que soit la filière adoptée, l’artiste vénère beaucoup trop sa liberté pour se laisser piéger par quelques vagues idées que l’on chercherait à lui imposer afin de s’assurer qu’il n’aille pas imaginer d’autres concepts qu’il serait peut-être le seul à contrôler.

Et s’il existait, en définitive, autant de cycles de temps qu’il y a d’ondes porteuses au sein de nos réalités ? Et s’il suffisait de les concevoir et de les faire accepter ainsi que le fait allègrement la junte scientifique afin de nous faire croire à des impossibilités et de nous conforter dans son miroir aux alouettes ?

Que nous soufflerait à ce sujet, Chronos, le dieu du temps de la mythologie ?

L’émergence des mondes

L’émergence des mondes

La création des mondes

La création des mondes

Avec l’émergence de ses mondes, l’artiste se plonge à volonté dans chacun de ses univers en développement. Sa créativité se moque du temps et de l’espace de ces siècles sur Terre ou d’ailleurs ; sa fécondité ne se lasse d’inventer ou de réinventer ce qui n’existe pas, ce qui ne peut être.

Pourtant, lorsque dans le feu de son action il achève l’un de ces mondes en gestation, sa dextérité et la maîtrise de son art l’impose dans la réalité du quotidien au regard de ceux qui n’ont pas cette aisance à modifier leur existence et se libérer du temps.

Il nous suffit alors, à nous autres du commun de pénétrer l’un de ces antres pour nous retrouver dans l’œil de son créateur et oublier ce qui se meut autour de nous.

L'artiste et sa folie

L’artiste et sa folie

Que l’univers plonge dans la toile d’un maître ou la sculpture de pierre, de bois ou de verre de l’un de ces magiciens, dans les pages et la trame d’un manuscrit, ou les lignes d’une partition, le chant d’une voix qui nous fait vibrer ou quelque autre support, l’univers est là à notre portée.

Il suffit de s’y attacher et d’amorcer le lent mouvement de l’âme emportée par cette aura qui gomme l’existence pour nous happer dans la sienne.

Ainsi que les sillons d’un disque, il nous suffit alors de choisir la piste de temps et l’histoire à vivre pour s’évader du banal et nous transcender dans les affres fécondes de l’artiste et de ses mondes.

christine barsi

L’auteur

Et si j’étais Président ?

 

 

 

Et si j’étais à la tête de mon pays ?

Je dois repenser notre culture ; il y a tellement de choses à revoir, de choses à résoudre, à démanteler et renormer. C’est terrible.

Comment s’y prendre ? Par où commencer ?

Par quel bout épingler ce nouveau sacerdoce ?

Imaginez !

Pourtant, cela pourrait survenir pour chacun d’entre nous.

Chacun d’entre nous ! Et je pèse mes mots.

Alors ?

Eh bien, tout a un commencement, n’est-ce pas ?

Prenons donc les évènements par un bout, quel que soit ce bout. Cette quotité d’élément.

N’importe lequel nous mènera de toute façon dans l’éminent engrenage. N’importe lequel je vous assure !

Pourtant, les doutes sont innombrables. Pourquoi serions-nous « celui » qui maîtrise le grand improbable ?

Tous ces gens ; ces masses de gens. Ces foules !

C’est presque douloureux à appréhender, insaisissable et tout à fait inconcevable.

Pourtant, c’est ainsi. Il en faut un. Et ce « un », c’est moi… ou vous.

Alors, enfilons les bottes ; les bottes du professionnel, de celui qui fait croire que ce rôle est pour lui.

Finalement un rôle d’acteur ; un simple rôle d’acteur. Sur scène, il suffit d’y croire soi-même ; et d’y faire croire. C’est aussi élémentaire que cela. Croire et faire croire.

C’est à moi ! C’est à nous ; on filme.


Un bout a-t-on dit.

Lequel. Lequel vais-je choisir, sachant qu’un autre aurait peut-être pris un autre bout du problème, du vaste champ d’expérimentation.

Moi je vais prendre le temps de l’analyse. Je ne veux pas me presser sur ce point. Je vais beaucoup parler, échanger, débattre, me battre.

Devrais-je penser à endosser une personnalité d’un bord ou d’un autre ? Une valence qui plaît, un comportement dont la dominance serait irrésistible autant que fictive ou réaliste. Réaliste ?

Qu’est-ce que ça signifie de toute manière ? Peut-être pas autant qu’on veut bien nous le faire croire.

Je crois que là encore, l’identité n’a que peu d’importance. Je pourrais être noir ou blanc, ou basané, ou rouge, ou jaune, ou… ce qu’on veut. Mais pas un animal, pas un végétal. S’arrêter sur une couleur, un statut, un diplôme, un parti. Ce serait absurde, incohérent. Aucun sens.

J’oublie donc mon identité pour ne penser qu’à celle que je veux obtenir pour ces foules. Je dois m’oublier, pour me plonger dans le bain communautaire et ne plus penser qu’à ce qui serait le mieux pour tous.

Alors pas de couleur, pas de statut, ni de richesse ou de pauvreté. Je m’en fous. On s’en fout tous.

Voilà ! Le postulat est posé.

Ah ! J’oubliais, la religion ! Faut-il l’intégrer dans le projet ? Pourquoi le ferais-je ? Pourquoi le ferions-nous ? C’est comme la couleur.

Non, le seul postulat à retenir pourrait être la pensée.

Les schémas de raisonnement sans le parasitage de toutes ces identités superflues.

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén