Christine Barsi

Auteure de romans fantastiques et de science-fiction

Catégorie : Extraits de textes choisis – L’éveil du Dieu Serpent

Préceptes et enseignements de Maur Evans

Préceptes et enseignements de Maur Evans

Maur Evans, dans L'éveil du Dieu Serpent

Maur Evans, dans L’éveil du Dieu Serpent

Le produit phare d’une spéculation marchande doit être en relation avec une nécessité pour le peuple qu’il représente ; si ce n’est pas le cas, celui-là ne se vendra pas, et ne sera comme tant d’autres, qu’une supercherie vide de sens.

L’attaque sournoise révélait le peu de réflexion des êtres à sa poursuite. Généralement, il laissait approcher l’ennemi, adoptant un comportement de victime alors même que le loup n’espérait rien tant que de jaillir à la lumière. Il était ce loup.

Mouvements des atomes pour illustrer le discours de Maur Evans dans L'éveil du Dieu Serpent

Mouvements des atomes pour illustrer le discours de Maur Evans dans L’éveil du Dieu Serpent

Le monde « vivant » et le monde quantique œuvrent sur des modèles similaires. Seuls, les champs d’action diffèrent réellement. Ainsi, dans l’univers des atomes, du fait d’une excitation suffisante, un électron dans le noyau peut être amené à sauter de son orbite à l’orbite possédant une énergie potentielle supérieure ; à l’instar de cet électron, uniquement la prise en main vigoureuse d’un contexte difficile par un être vivant peut engendrer un tel niveau d’énergie et les mutations subséquentes. D’où l’importance de gérer son niveau d’efforts en fonction de la grandeur de ses rêves.

Il est bon de s’entourer de requins financiers prêts à vous aider, mais n’oubliez pas que le requin demeure l’un des plus grands prédateurs au monde, et c’est un opportuniste. Néanmoins, c’est une espèce menacée qui ne fait pas le poids face à un super prédateur, le Reptilien et consorts.

Il vaut mieux perdre un temps précieux à se préparer à toutes sortes de contingences potentielles, plutôt que devenir l’effet de leur apparition inopinée. Je dissèque chaque axe de mon univers proche, afin d’en présumer les probables voies de sorties en cas de mauvaises surprises. Ce comportement de ma part n’a toujours eu que des conséquences que les autres m’ont invariablement enviées.

Un peuple, une ethnie ou tout concept de la même veine n’est supérieur aux autres que dans la mesure où il apporte une plus-value patente et légitimée de tous. Mais une race que les querelles intestines et les conflits d’intérêts gangrènent de l’intérieur ne peut décemment s’autoproclamer de sa suprématie. Quelle chance aurait une engeance corrompue ? Maur désespérait de voir reconnaître l’ascendant évident de la branche reptilienne. Le temps était loin où elle le serait.

L’édification d’une réalité divergente nécessite une énergie potentiellement accessible. L’ultime condition : croire en son existence.

Ne jamais attaquer de front un ennemi trop bien gardé, mais ensemencer sa conscience du cheval de Troie de vos idées jusqu’à la cheviller à votre merci.

Un contrôle partiel ne mène jamais qu’au désastre. Le contrôle doit être absolu si l’on veut prévenir les inéluctables contrecoups d’une action, et affirmer qu’elle ne nous impactera pas.

Quelques extraits de L’éveil du Dieu Serpent

Extraits de L’éveil du Dieu Serpent

… / … Étude du genre humain du point de vue d’un Alien : “Les émotions et les traumas humains sont une source intarissable d’ivresse et de sensations pour nos perceptions atrophiées.”
Maur Evans, dans L'éveil du Dieu Serpent

Maur Evans, dans L’éveil du Dieu Serpent, par l’auteure Christine Barsi

… / … Précepte et enseignement de Maur Evans : “L’attaque sournoise révélait le peu de réflexion des êtres à sa poursuite. Généralement, il laissait approcher l’ennemi, adoptant un comportement de victime alors même que le loup n’espérait rien tant que de jaillir à la lumière. Il était ce loup.”
… / … Étude du genre alien du point de vue d’un Humain : “Ils ne nous montrent toujours que ce qu’ils veulent bien révéler d’eux-mêmes. Sous les apparences qu’ils nous imposent se dissimulent des êtres aux pouvoirs démentiels. Qu’est-ce qu’un humain, tout ce qu’il y a de plus ordinaire, pourrait y faire ?”
Présence des Reptiliens - L'éveil du Dieu Serpent

Présence des Reptiliens – L’éveil du Dieu Serpent

Chap Le Dieu Serpent - végétation

O’Shea Tjungurrayi

Chapitre : O’Shea Tjungurrayi

 

Cahier d’Avril Scott : Un paradis isolé, loin des aléas du monde urbain ; je ne demandais que ça. La faune et la flore y avaient tout leur sens et m’accompagneraient. Je n’y serais jamais seule, ne res­sentirais jamais cette impression de solitude qui vous étreint en plein centre de Melbourne ou d’une tout autre capitale humaine.

Forêt en Tasmanie

Forêt en Tasmanie

De retour sur ce qu’elle considérait désormais comme « son île » et « son parc », Avril était en paix avec elle-même ; d’une certaine manière, car il y avait tellement à faire qu’elle avait souvent la sensation que son cerveau en effervescence allait se fissurer par trop d’apports généra­teurs d’activités à l’infini. Elle se savait intelligente, d’un haut niveau d’intelligence. Mais visiblement, cela ne suffi­sait pas à la rendre plus perspicace et plus fluide dans ses réflexions qui s’entrechoquaient lorsqu’elle y mettait le feu aux poudres.

La jeune femme s’était rendue au Centre de Planification et de Documentation, une bâtisse officielle sur l’île tas­mane, recensant les bâtiments libres de tout acte de pro­priété. Elle avait l’intention d’y potasser les diverses options d’achat ou de location, d’organiser l’exploration sur le ter­rain et se prononcer promptement.

Au bout du compte, Avril avait retenu une dizaine de dossiers potentiels ; elle avait du pain sur la planche. Les visites devaient commencer le surlendemain par un corps de bâtiments, dans la partie centrale de la péninsule. Dans l’entre-temps, elle avait obtenu un rendez-vous avec le géo­mètre pour une approche préalable des limites exactes du domaine.

Une fois tous les entretiens planifiés et les excursions engagées, elle pourrait se consacrer à un inventaire préli­minaire de la faune ; celui des espèces végétales était déjà amorcé. Accompagnée d’un autochtone, elle comptait se rendre, l’après-midi même, dans la forêt ombrophile du parc national du Mont Field, au centre de l’île, au nord-ouest de Hobart, à près de deux cent quarante-cinq kilo­mètres de la baie. La distance était conséquente, mais pas au point de décourager la jeune femme qui avait programmé cette incursion en direction de la vallée des géants depuis un bout de temps.

Chap Le Dieu Serpent - végétation

Chap Le Dieu Serpent – végétation

O’Shea Tjungurrayi, originaire du Kimberley, la gui­dait entre les méandres des chemins s’enfonçant entre les arbres gigantesques de la forêt primaire datant de l’ère du jurassique. Un vestige du Gondwana originel, un super continent disparu depuis plus de cent millions d’années. L’univers des mousses, des lianes et des fougères arbores­centes, des acacias et des eucalyptus, de plus de cent mètres de hauteurs et de cinq mètres de large, dominait en dessi­nant des strates étagées. Il y avait des pins de Douglas, des épicéas, des séquoias également. À intervalle, son guide lui indiquait une plante que l’on ne voyait nulle part ailleurs, une jeune pousse d’arbre particulièrement bien dressée. La forêt chantait dans les ombres de la canopée et devant cette biodiversité exceptionnelle, le cœur de l’éthologue bourdonnait dans sa poitrine.

De nombreuses associations s’étaient battues pour la préservation des forêts humides et de leurs végétations caractéristiques. En deux mille quatorze, le gouverne­ment australien avait réclamé le déclassement de milliers d’hectares de forêts en vue de leur exploitation. Requête heureusement déboutée par le Comité du Patrimoine mondial à l’époque. L’UNESCO, comme d’autres institu­tions de protection et de conservation de la nature, avait fait front pour s’opposer à la destruction massive de larges secteurs tasmans. À leur côté, les citoyens australiens, mais également du monde entier, s’étaient mobilisés pour empê­cher un tel désastre.

Au début du XXIe siècle, le carnage écologique avait amorcé les premiers affrontements entre les associations environnementales et les gouvernements successifs. Au cours des années suivantes, d’autres batailles s’étaient déroulées pour la sauvegarde des arbres géants. Les terres forestières avaient vu leurs superficies diminuées ; celles-ci avaient été davantage maltraitées que les terres des Blue Mountains devenues, pour beaucoup d’entre elles, des terres agricoles en cultivant ces organismes génétiquement modifiés. Le napalm, les neurotoxiques, plus récemment les OGM s’étaient mis de la partie, stérilisant des milliers d’hectares de forêts et leur faune et leur flore. Une tragédie à l’échelle du monde. Pourtant, le biome forestier survivait toujours, un miracle.

Chute d'eau australienne

Chute d’eau australienne

O’Shea et Avril croisaient, régulièrement, des criques abritées qui encourageaient à la paresse. La jeune femme ne put résister à la vision d’une piscine naturelle cernée par les mousses et les fougères, et s’y baigna un moment sous la sollicitude attendrie de l’aborigène. Au sortir de l’eau, son regard fut attiré par un massif de fleurs de Waratah qu’elle admira longuement. Pleinement épanouies afin de capter l’humidité ambiante, les fleurs étaient d’une beauté raffinée que son œil d’éthologue ne pouvait qu’accrocher. Leurs délicats pétales évoquaient de longs doigts fins, ou encore des pattes d’araignée roses ou orangées.

Quand ils quittèrent la crique, un thylogale jaillit d’entre les arbres devant eux et s’éloigna par bonds sans se préoccuper de leur présence. Ils avaient dû le déranger. Un pademelon à ventre rouge, eut le temps d’observer la jeune femme conquise par le petit marsupial avant que celui-ci ne dis­paraisse au milieu des pandanis, ces palmiers endémiques propres aux forêts froides et pluviales.

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén