Christine Barsi

Auteur de romans fantastiques et de science-fiction

Catégorie : Audio L’éveil du Dieu Serpent

Audio Le Visiteur

Audio Le Visiteur

Port de Sydney - Australie

Port de Sydney – Australie

Je me propose de vous présenter le même extrait mais écrit, cette fois et non plus audio.

Le visiteur

 Hors séquence : L’hôtesse tenait à sa place ; elle ne devait rien dire, et pourtant elle s’était mise à parler.

Le visiteur avançait au sein du vaste hall en direction de la zone d’accueil, ouverte sur une baie vitrée donnant sur les toits de Sydney.

Sydney - Centre-ville

Sydney – Centre-ville

Parvenu près de l’une des hôtesses, l’homme patienta. La quarantaine passée, il affichait une assurance presque agressive en se focalisant sur les expressions de la femme ainsi que sur sa silhouette. Les gestes maladroits de cette dernière, ses paupières abaissées et son attention volatile révélaient sa nervosité face à cette incursion introvertis­sante. L’homme ne fléchit pas dans son examen, et quand son regard parvint à croiser celui de l’hôtesse, il ne décou­vrit qu’une neutralité prudente dissimulant le trouble qu’il provoquait.

– Oui, Monsieur ?

– Monsieur Evans, je vous prie.

– Votre nom ?

– Khard Fintch.

L’hôtesse eut une expression presque surprise, lorsque l’agenda de son patron dévoila son contenu.

– Aviez-vous un entretien programmé ?

Alien - L'éveil du Dieu Serpent

Alien – L’éveil du Dieu Serpent

Le « aviez-vous » laissait sous-entendre qu’il y aurait dû y en avoir un, mais qu’il n’y en avait pas. Khard le savait parfaitement. Il avait débarqué à l’improviste.

– Pas vraiment. Il m’avait suggéré de le rencontrer lorsque je serais de passage à Sydney.

– Monsieur Evans n’est pas dans son bureau, en ce moment. Puis-je vous proposer un rendez-vous pour une date ultérieure ?

– Pourquoi pas, en effet. Quand est-il censé revenir ?

De nouveau l’agression sous le ton voilé. L’hôtesse, une jeune recrue qui n’avait intégré l’entreprise que trois mois auparavant, se troubla de la même façon. À l’instar des nombreux visiteurs qui venaient rencontrer leur patron, celui-ci ne paraissait guère commode. Imbu de sa personne et convaincu de sa supériorité. Devant la question indis­crète à laquelle elle n’aurait pas dû répondre, la volonté de la jeune femme plia sous celle de l’autre.

– Dans la soirée, je pense. Monsieur Evans travaille habituellement très tard.

– Savez-vous où je pourrais le trouver dans l’entre-temps ?

Elle hésita, mais sous le regard infatué, elle ne parvint pas à conserver suffisamment de hauteur pour garder par-devers elle l’information. Elle lâcha :

– Généralement, en fin de semaine, il se rend au sein de son complexe en périphérie de Sydney, à environ trois kilomètres au sud ; il y supervise les recherches.

– BioJadh possède un biocluster, à présent ?

Elle acquiesça, éludant toute réflexion. L’homme la ter­rorisait sans aucun effort. D’autres mots coulèrent de sa bouche sans qu’elle puisse les retenir :

– L’ATP…

– L’ATP ?

Quel butor ! songea l’hôtesse, sentant la sueur au creux de ses aisselles. En plus, il était ignare. D’où sortait donc celui-ci ? Elle avait hâte que l’homme s’en aille. Les bureaux allaient bientôt fermer ; elle ne voulait pas se retrouver avec cet énergumène sur les bras, à ce moment-là. Elle précisa bêtement :

– L’Australian Technology Park, dans Eveleigh.

– Ah oui, bien sûr. Merci, et à tout à l’heure.

– Mais, je vous dis que…

Elle s’abstint de poursuivre. L’homme se moquait roya­lement de ce qu’elle avait à dire. Il reviendrait, elle en était convaincue. Elle espérait qu’alors, aucun contretemps ne l’aurait retardée afin de ne pas risquer qu’il l’aborde à son retour.

Cette lecture s’achève ici. J’espère que je vous aurais donné l’envie d’en lire davantage. N’hésitez pas à vous rendre sur mon site : christinebarsi.com. À bientôt.

 

 

Audio L’empire de Maur Evans

Audio L’empire de Maur Evans

Sydney la nuit

Sydney la nuit

  Je me propose de vous présenter le même extrait mais écrit, cette fois et non plus audio.

L’empire de Maur Evans

Précepte et enseignement de Maur Evans : « Le produit phare d’une spéculation marchande doit être en relation avec une nécessité pour le peuple qu’il représente ; si ce n’est pas le cas, celui-là ne se vendra pas, et ne sera comme tant d’autres, qu’une supercherie vide de sens. »

« Maur Evans admirait le dôme de verre, au-delà de la baie vitrée de son bureau au trentième étage du complexe industriel portant son nom, dans le quartier central des affaires de Sydney.

Le cœur de ville, un secteur on ne peut plus privilégié.

L'Australie

Le dôme abritait le nouvel espace dédié à l’un des pro­duits phares de la toute dernière technologie en vogue en biogénétique. Bien que controversé encore aujourd’hui, celui-là pourvoyait désormais de très nombreuses filières de production, toujours plus gourmandes au fil des années. Le congrès annuel, sur le sujet, qui devait se tenir le mois prochain à Melbourne, serait l’un des expédients pour le présenter en grande pompe. Maur aurait à préparer son discours et à anticiper les sempiternelles interrogations qui s’engouffraient, chaque fois, dans les discussions, tel un leitmotiv qui n’en finissait pas.

À tous les coups, le même schéma : le bien-fondé des modifications génétiques, les processus employés, les béné­fices et les risques pour tout un chacun.

Sydney - Pont

Sydney – Pont

Une ritournelle pour l’homme avisé qu’il était devenu. Il savait comment vaincre les peurs et les réticences des plus frileux. Ses matériaux s’incrusteraient dans le maillage profond de cette civilisation, jusqu’au moment où l’on ne pourrait plus les extirper de leur socle sur lequel viendrait se fondre la multitude des autres. Certaines de ses créa­tions génomiques, par essence artificielles, faisaient déjà des émules et battaient leur plein au sein de cercles privés, tandis que d’autres de ses inventions s’inséraient au centre même du gouvernement qui en redemandait.

Mais jusqu’à la date fatidique de l’évènement, le secret de son dernier-né serait bien gardé. L’homme d’affaires, autant que l’homme de science qu’il personnifiait, se méfiait de la concurrence et ne souhaitait pas que leurs parte­naires, pour la plupart des sponsors privés qui finançaient BioJadh, soient trop au fait des informations cruciales sou­tenant leur découverte récente. Ils étaient instruits dans les grandes lignes, mais pas dans les détails. Maur avait déjà fort à faire pour maintenir en haleine la presse scientifique, tout en la tenant à distance. La pression concurrentielle et le poids des marchés très volatils nécessitaient d’être tou­jours sur la brèche et de financer l’innovation au moment le plus opportun, toujours en avant.

La stratégie de sa firme.

Sydney

Sydney

À leur habitude, les organisations syndicales hurleraient comme des loups contre la sortie de sa dernière trouvaille, prétextant que la mondialisation néolibérale mènerait les peuples à leur perte. Le tout était de savoir de quels peuples il était question dans cette sorte d’affaire. Si lui les identifiait parfaitement, le reste de l’humanité s’avérait loin de pouvoir en faire autant.

Dans une petite heure, il avait rendez-vous avec l’un des représentants d’une transnationale avec laquelle il envi­sageait de nouer un partenariat fort, afin de développer la filière production et les canaux de la distribution. Maur anticipait avec plaisir le jeu de négoce qui ne manquerait pas de s’ensuivre. Aguerri à l’exercice, il s’appuyait sur son charisme particulier qui l’avait sorti d’une flopée de situa­tions où beaucoup se seraient embourbés. »

Cette lecture s’achève ici. J’espère que je vous aurais donné l’envie d’en lire davantage. N’hésitez pas à vous rendre sur mon site : christinebarsi.com. À bientôt.

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